COMMENT UN PLANEUR RESTE-T-IL EN L'AIR?

Un planeur n'a pas de moteur. Comment se fait-il donc qu'il ne tombe pas? (enfin pas toujours...)

En réalité le planeur ne fait que "tomber". Il chute en permanence par rapport à la masse d'air, ce qui lui permet de conserver de la vitesse. Pour se maintenir en l'air, il doit donc aller dans une masse d'air qui monte plus vite qu'il ne descend: les ascendances.

Il existe plusieurs types de vols:

 

 1/ LE VOL EN "THERMIQUES"

C'est le type de vol le plus répandu car il est accessible quelle que soit la zone géographique où l'on se trouve. En vol de thermiques, le pilote recherche des colonnes d'air ascendantes qui résultent de l'échauffement du sol par le soleil. L'air en contacte avec le sol est alors réchauffé et par dilatation, sa masse volumique diminue. Il se trouve alors plus léger que l'air qui l'entoure et a donc tendance à s'élever. Les bulles d'air chaud les plus probables se trouvent dans les zones de contrastes thermiques telles que les champs moissonnés récemment, des parkings de supermarché, les routes et autoroutes, et surtout les gravières et secteurs rocheux. Si l'on est certain de ce principe physique, il n'en reste pas moins vrai qu'il est difficile d'associer un aspect du sol avec la certitude de la présence d'un thermique.

Lorsque le vélivole trouve un thermique, généralement sous sa matérialisation (en fait un nuage appelé cumulus, de forme cotonneuse et à base plate), il se met à décrire des spirales et tente de trouver la meilleure zone de montée. Celle-ci l'élèvera jusqu'à ce qu'il rencontre la base des nuages, dans lesquels il ne pourra entrer pour des raisons légales, ou bien au contact de la couche d’inversion dont la température plus élevée marque la fin de la couche de convection.

2/ LE VOL DE PENTE

Pour ce type de vol, il faut un planeur et ... une pente! Ce type de vol est donc souvent réservé aux zones de montagne. En situation de vol de pente, le pilote recherche les masses d'air ascendantes qui résultent d'un mouvement mécanique dû à l'action du vent sur le relief. Le vol de pente fonctionne sous tous les climats et par tous temps mais uniquement en certains lieux dès lors que le l'intensité du vent est suffisante (~15 km/h). Ces reliefs doivent être suffisamment étendus afin d'éviter d'être contournés par le vent. Les ascendances ainsi générées peuvent se prolonger jusqu'à 500 ou 700 m suivant la forme de la pente et la force du vent. Les pentes sont aussi de bons déclencheurs de thermiques. La pente de la Montagne Noire s’étend sur une vingtaine de kilomètres, ce qui nous permet de très longues journées de vol les jours de vent de Nord-Ouest !

 

 

3/ LE VOL D'ONDE:

 

Le vol d'onde est une variante du vol de pente permettant au planeur de monter beaucoup plus haut. En effet, sous le vent du relief, et sous certaines conditions, se produisent un ou plusieurs ressauts, exactement comme l'eau qui fait des vaguelettes lorsqu'elle rencontre un obstacle à son écoulement. Ces ondes peuvent atteindre de grandes altitudes, largement supérieures à celle du relief générateur. Ces zones de ressauts sont parfois matérialisées par des nuages particuliers, les altocumulus lenticulaires, nuages de forme très régulière, parfois en pile d'assiettes, anormalement immobiles alors que le vent souffle avec intensité. Le record absolu d'altitude de 15 447 m a été réalisé lors d'un vol d'onde. Le record absolu de distance de 3 008 km de Klaus Ohlmann a aussi été réalisé en vol d'onde en Amérique du Sud.